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Interview Cindy : J’ai perdu 25 kg sans régime !

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Aujourd’hui j’ai le plaisir de vous présenter Cindy, une jeune femme qui a décidé de prendre son poids en main !

Vous pouvez écouter l’interview en cliquant sur le bouton play (ci-dessus). Vous pouvez aussi télécharger l’interview en MP3 pour l’écouter n’importe où en cliquant ici.

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Si vous préférez lire, voici la transcription :

Sandra : Bonjour Cindy, merci d’avoir accepté de présenter votre témoignage. On s’est connu il y a quelques semaines sur Facebook. Vous avez commenté une publication du site ma-grande-taille.com, où vous avez expliqué que vous avez perdu considérablement de poids, sans régime. Alors forcément, moi qui suis adepte à maigrir sans régime, je me suis dit : c’est une occasion unique de présenter aux lecteurs de Habitudes Santé un témoignage comme le vôtre. Donc merci encore une fois. Alors, avant de dire combien de poids vous avez perdu, on va partir sur l’historique de votre histoire… J’aimerais savoir si vous avez une idée de quand vous avez commencé à prendre du poids, s’il y a eu un moment spécifique dans votre vie, ou si ça a toujours été comme ça.

Cindy : Tout à fait. Avant, j’ai toujours eu un poids normal jusqu’à l’âge de 17 ans, et à partir de mes 18 ans, j’ai commencé à prendre du poids. J’ai commencé à prendre un traitement hormonal, la pilule, et comme je n’étais plus scolarisée, je me suis mise à grignoter. Je n’étais pas bien dans ma peau, je me cherchais en fait. A la période de l’adolescence j’ai commencé à me chercher, et au fur et à mesure, je prenais 2,5 Kg par mois. Et je ne m’en apercevais pas… Donc, voilà.

Sandra : Vous me dites que vous n’acceptiez pas votre corps, que vous ne vous aimiez pas trop, est-ce que ça, c’est venu au moment où vous avez commencé à prendre la pilule ou est-ce que c’était déjà quelque chose que vous sentiez ?

Cindy : On va dire : quand j’ai commencé à prendre la pilule. A chaque fois, ça me donnait envie de manger. Et plus je mangeais, plus je n’arrivais plus à me reconnaître. Je faisais comme une boulimie. Alors, j’ai fait un dérèglement hormonal par la suite. Et je ne sais pas ce qui s’est passé… En plus, j’étais mal dans ma peau parce que je n’allais pas à l’école, j’étais en période d’échec scolaire, je me cherchais vraiment quoi. C’était très difficile pour moi cette période, et mes parents étaient un peu impuissants. Ça a été très difficile.

Sandra : Et vous avez été suivie par un médecin ou par un professionnel?

Cindy : Même pas. Je n’y ai même pas pensé. J’étais complètement enfermée dans ma bulle, et j’ai laissé faire. Chose qu’il ne faut pas faire…

Sandra : Oui, mais on n’a pas toujours les connaissances, on a 18 ans, on est jeune…

Cindy : Voilà. Et puis je n’osais pas trop en parler non plus. Je suis quelqu’un d’assez timide. A cette période-là j’étais très timide, je n’osais pas aller vers les gens, j’étais vraiment renfermée. C’était vraiment difficile pour moi d’en parler, surtout qu’avant je n’étais pas comme ça. Quand on prend d’un coup, on ne se reconnaît plus. On essaie de se trouver une identité alors qu’on n’assume pas. Dans la glace on n’ose même pas se regarder. Non c’est très difficile.

Sandra : Je comprends. C’est un vrai changement qui vient soudainement.

Cindy : En fait, c’est un déclic. Ces choses-là arrivent au moment où on se sent prêt. Des fois, il faut un certain temps pour s’accepter, déjà. Et après l’acceptation, pour réagir. Et après, il y a le déclencheur, et après tout va pour le mieux.

Sandra : C’est intéressant ce que vous dites, car c’est exactement ce que je dis dans mon E-book. Les gens pensent : il faut maigrir, et après vous aurez le déclic, et finalement c’est un peu l’inverse, il faut avoir le déclic de s’accepter…

Cindy : Plus on essaie de se dire : il faut que je perde du poids, plus on va se frustrer, plus on va se priver des choses alors que notre corps en a besoin aussi. Ça ne veut pas dire qu’on va enlever toutes les graisses : ben non, il faut un peu de graisse aussi. Comme il faut un peu de sucre, comme il faut un peu de tout. Plus on se prive, plus le corps perd l’habitude de cette alimentation-là, et au moment où on va reprendre une alimentation normale, on va tout reprendre. Et c’est là où on va se sentir mal. On va se dire que c’est un échec. Et c’est là qu’on se sent hyper mal. Donc il faut se dire : voilà, on mange un peu de tout. Si on fait un écart, et bien on fait un écart, ça peut arriver. Il faut se faire plaisir aussi. Sinon ça sert à quoi de se priver de tout ? Si on est mal dans sa tête, on va être mal dans son corps après, donc ce n’est pas la peine… C’est ma façon de voir les choses.

Sandra : C’est exactement ce que j’essaie de transmettre dans le blog… C’est super de voir que dans la vie réelle il y a des gens qui prouvent que c’est comme ça, qu’on a besoin de se sentir bien dans sa tête pour se sentir bien dans son corps, que c’est la première étape avant de penser à son alimentation.

Cindy : Avant tout c’est l’acceptation. Et s’assumer. S’assumer en tant que femme ronde, homme rond, et à ce moment-là, quand on s’est accepté – je mets « accepté » entre guillemets, c’est jamais non plus… et moi la première… mais au moins de se dire : je suis forte, tant pis, je suis comme ça. Une fois qu’on s’est accepté, on a déjà un poids en moins. C’est à partir de là qu’on peut faire avancer les choses pour que ça aille dans le positif, et retrouver, on ne va pas dire une taille de mannequin, mais un corps dans lequel on va se sentir bien.

Sandra : Du coup, je me demandais – il me semble que c’est une des questions des lecteurs d’Habitudes Santé, est-ce que vous avez fait des régimes avant d’avoir ce déclic ?

Cindy : Oui, j’ai fait le régime Dukan… Donc manger que des protéines les premiers jours… bien sûr je me privais aussi de tout ce qui est légumes. Je m’en souviens parce que mon employeur, la femme de mon patron le faisait. Elle m’a dit : vous connaissez le régime Dukan ? J’ai répondu que j’en avais entendu parler. Elle me dit : moi je le fait, ça marche bien. Et je me suis dit : pourquoi pas le faire ? Et puis je mangeais, je mangeais, en me disant : je n’ai pas droit à ça, je n’ai pas droit à ça… et je me suis sentie tellement mal psychologiquement. Parce que la perte de poids c’est aussi un combat. Ce n’est pas que physique, c’est aussi mental. Et à ce moment-là je n’étais pas bien dans ma tête. Je me disais : je n’ai pas le droit de manger du chocolat, un carré de chocolat noir, je n’ai pas le droit de manger un yaourt, je n’ai pas le droit de manger des haricots verts… Et je me suis sentie tellement mal que j’ai fait une déprime.

Sandra : Parfois la difficulté avec les régimes, c’est qu’on a l’impression qu’on est obligé de se forcer…

Cindy : Exactement. Et psychologiquement on se sent frustré. Et on n’est pas bien dans sa tête donc on n’est pas bien dans son corps. C’est un cercle vicieux la perte de poids. Tout se joue dans le mental. Si on ne se sent pas bien dans sa tête, ça n’ira pas dans le corps non plus. Tout se suit en fait. Et si le chemin est de travers, ça n’ira pas dans le bon sens. Plus on se prive de quelque chose, plus le corps n’a pas l’habitude de ces privations. Et on va se sentir mal quand on va se mettre à remanger des choses normalement. C’est llà qu’on va reprendre du poids, parce que le corps ne va pas comprendre. Ça travaille à l’intérieur de nous, toutes ces choses. S’il n’y a pas de rythme équilibré, rien ne va. Là j’ai dit stop. J’avais perdu 7, 8 kilos et j’en ai repris 10 ou 15, vous imaginez.

Sandra : C’est le fameux effet yoyo.

Cindy : Exactement. Encore, quand je vois le régime Weight Watchers, ça m’arrive encore de manger un plat Weight Watchers, parce que c’est encore équilibré. Mais je ne vais pas faire le régime Weight Watchers. Mais parfois quand je ne sais pas quoi manger, je finis souvent à 14h, 14h30, un petit plat weightwatchers, ça passe et c’est terminé. Bon, je ne le fais pas tout le temps… Mais on sait que c’est équilibré. Sinon, il vaut mieux faire la cuisine, c’est meilleur.

Sandra : Vous avez une idée de combien de régimes vous avez fait ?

Cindy : Je n’ai fait que Dukan. Les régimes, j’étais vraiment contre. Je voulais perdre du poids en mangeant équilibré, malgré le fait que mon problème ce soit le grignotage. On est gourmand… Je mange sainement, mais le problème c’est que je mange entre les repas. J’assume complètement, ça m’arrive encore des fois. Mais le grignotage c’était mon problème. Sinon je mangeais des légumes, de la viande. En tout cas, ce qui est bien c’est que je mange – je ne sais pas si c’est dû au fait que je suis comme ça, je mange sans sel souvent, parce que je me dis que les aliments sont déjà salés, et si je fais cuire de la viande, c’est rare que je mette de l’huile ou du beurre, ou si j’en mets, c’est une petite cuillère à café, mais c’est rare que je mette de la matière grasse.

Sandra : Quand est-ce que vous avez eu ce fameux déclic ? Que vous vous êtes dit : maintenant, c’est l’heure de changer ?

Cindy : C’est une histoire toute banale. J’étais chez ma coiffeuse, c’était en décembre 2013. Je me faisais mes mèches, et la patronne du salon qui me connaissait très bien – j’étais une grosse cliente, me dit : Cindy, je vais à la zumba ce soir, ça te dit de venir avec moi ? Alors je dis : ouais… sans plus, voyez. Je lui dis, je vais ramener quoi ? Elle me dit : une paire de baskets et une bouteille d’eau… Je me regarde dans la glace et je me dis : au secours… ça a été très difficile de me dire : allez, j’y vais, je vais voir ce que ça donne. Et le soir-même j’étais à la salle de sport. Et puis j’ai rencontré la prof de zumba qui est une femme exceptionnelle, franchement. Je lui ai parlé du fait que j’allais faire cette interview, et elle m’a dit : c’est super. Donc elle m’a dit : le principal, c’est de se faire plaisir et de transpirer. Je n’ai pas réfléchi. J’ai fait cette heure de sport et ça a été le déclic. Parce que je me suis sentie tellement bien… Il n’y avait même pas de miroir devant moi, je ne me voyais pas bouger. La prof disait qu’elle ne mettait pas de miroir justement parce qu’elle ne voulait pas que les gens se regardent, mais qu’ils se concentrent. Comme ça il n’y a pas de jugement sur soi-même.

Sandra : C’est intéressant parce que j’ai écrit un article hier sur comment accepter son corps et comment aimer son corps. Et le premier conseil que je donne c’est justement de se focaliser sur ce qu’on peut faire avec son corps et pas sur l’apparence. Et je donne l’exemple d’une fille qui est en surpoids, et peut-être même en obésité, une américaine si je ne me trompe pas, et qui fait des choses incroyables avec son corps en faisant du yoga… et souvent c’est comme ça qu’on commence à connaitre son corps…

Cindy : Tout à fait. Et je peux vous dire qu’à la zumba on ne se voit pas, on est concentré sur ce que fait la prof, et on se demande comment faire pareil… C’est vrai que les débuts sont difficiles. Moi je n’ai pas arrêté de tousser, et pourtant je ne fume pas, mais j’avais l’impression d’être une fumeuse tellement j’étais essoufflée, je n’en pouvais plus, je transpirais à grosses gouttes. Et ça m’a fait tellement de bien. J’y suis allée avec appréhension, j’avais une petite mine, et j’en suis repartie avec le sourire. Quand on voit ça, c’est le plus important. Il y a un épanouissement. Et Quand on est épanouie, c’est là qu’il y a le déclic et qu’on fonce.

Sandra : Et avant de faire cette séance de zumba, est-ce que vous faisiez du sport, est-ce que vous aimiez le sport ?

Cindy : Pas du tout. Je ne faisais pas de sport, à part de la marche. Je n’ai pas le permis, donc je marche beaucoup. Je faisais à peu près une demi-heure de marche par jours, sauf qu’avec cette demi-heure de marche je stabilisais mon poids, mais je n’avais pas le déclic de la perte de poids. Il me manquait quelque chose, c’était l’activité physique. Je l’ai trouvée dans la zumba, et maintenant je fais de la danse latine aussi. La danse de couple ça permet aussi de perdre beaucoup de poids, c’est très dynamique, et ça permet aussi de se sentir femme, parce que la zumba c’est très cardio, mais la danse latine c’est aussi très sensuel. On se redécouvre en tant que femme et là c’est vraiment agréable.

Sandra : Ce déclic de retrouver son corps et sa féminité, c’est exactement ça qui est important pour commencer une perte de poids, ça va permettre de se redécouvrir et de s’épanouir, et de faire un vrai changement de vie. Parce que la perte de poids, c’est un changement de vie.

Cindy : C’est vrai que quand on me l’a proposé, j’avais une appréhension totale. Je ne me voyais pas faire ça. Mais quand on vous propose quelque chose, il faut le tenter. Si on ne tente rien, c’est pas la peine. Et le sport, c’est bon autant mentalement que physiquement. Et on rencontre des gens. Il n’y a pas que des gens hyper musclés. Des fois on voit des gens qui ont aussi envie de perdre du poids, dans les salles de sport. Ça permet d’avoir un contact, des échanges, de parler aussi avec des professionnels sportifs, et ça aide beaucoup. Là où j’en fais, c’est plutôt familial, on se connaît tous, on se fait la bise, on rigole ensemble, c’est sympa. La salle c’est ma prof qui la loue, elle a instauré des cours, et je trouve ça super bien. Des fois elle fait des soirées dansantes où on peut amener les enfants, on se retrouve tous, ça permet de sortir. Ça me permet de sortir du cocon dans lequel j’étais quand j’étais dans ma bulle. C’était une poussée vers l’avant. Ce soir, je vais à la zumba, j’ai mes copines avec moi. C’est notre rendez-vous copines. On se retrouve tous là-bas et c’est la fête. Moi quand je dis que je vais faire la fête, je vais à la zumba, voilà.

Sandra : En tout cas, c’est un très bon déclic. C’est une très bonne manière de commencer. Parce que souvent, quand on est en surpoids ou en obésité, on se dit qu’on n’aime pas le sport, on est essoufflé, et il suffit de trouver quelque chose qu’on aime. Vous c’est la zumba, d’autres ça va être le badminton, ou autre chose…

Cindy : Bon moi j’adore danser. C’est vrai que j’ai à peu près ça dans le sang. Après voilà, je me suis regardée, je me suis dit : je ne peux pas m’exposer comme ça… C’est vrai que le regard des autres… Mais là où j’en fais il n’y a pas de miroir, et les autres ne peuvent pas vous regarder parce qu’ils sont tellement concentrés sur ce que fait la prof. Et puis on s’en fout. On est là pour se faire plaisir, on est là pour soi, et pour passer un bon moment.

Sandra : Bravo pour cet état d’esprit, je pense que c’est très important, et c’est exactement le message que j’essaie de passer. Alors du coup vous avez eu ce déclic. Et après, comment est-ce que vous avez perdu du poids ? Est-ce que vous avez changé des choses dans votre vie ?

Cindy : Déjà, j’ai réduit mes rations. Je mangeais quand même pas mal, et j’ai vu en faisant de sport que mes rations devenaient beaucoup moins importantes. Je mangeais un petit peu moins, je mangeais normalement, mais un peu moins. J’ai augmenté mes horaires de sport aussi. Avant je faisais une petite heure, après c’est devenu trois heures de sport. Après j’en faisais beaucoup plus, jusqu’à 5, 6 heures de sport par semaine, mais au bout de quelques mois. Il faut y aller progressivement parce qu’après le corps il ne comprend pas. Il faut y aller tout doucement. Et je me suis mise à la marche rapide aussi. Avant je prenais tout le temps les transports pour aller au travail, et maintenant je fais à peu près une demi-heure de marche par jour. Pour faire la demi-heure, j’ai besoin quand même de musique. Je mets mes écouteurs, et c’est parti. Sinon, c’est vrai que c’est moins motivant.

Sandra : Chacun a ses petites stratégies.

Cindy : Exactement, chacun à ses petites habitudes, ses petits trucs. Moi c’est la musique.

Sandra : Donc votre secret a été : faire plus de sport et manger en plus petites quantité. Mais j’imagine, quand même, manger de tout.

Cindy : Oui, de tout. Avant le sport, je mangeais quand même des féculents parce qu’il faut tenir une heure après. Sinon je mange des légumes cuits, un petit peu de féculents, de la viande, des yaourts, et une fois par semaine ça m’arrive de manger une pizza, ou aussi de manger un McDo. Je ne vois pas où est le problème. Si on me propose un resto, et ben on y va. Jamais je ne vais me frustrer. J’y vais, et le lendemain je mange une soupe ou un yaourt… Mais si j’ai envie de me manger une glace, je me mange une glace, ou si j’ai envie de me manger un truc bien gras, je vais manger un truc bien gras. Le but, c’est de se faire plaisir, ce n’est pas de se restreindre non plus. Parce que plus on se restreint, plus on est mal dans sa tête, on se dit : je n’ai pas le droit de manger ci, je n’ai pas le droit de manger ça, ce n’est pas une vie.

Sandra : En parlant des fastfoods et des pizzas, j’en profite pour en parler aux lecteurs qui vont nous entendre, vous aller lire dans les médias, ou les médecins vont vous dire : il ne faut pas en manger, il faut éviter. Ce n’est pas qu’il ne faut pas en manger, mais plutôt : ne pas en manger tous les jours, ni tout le temps. Moi qui travaille dans ce domaine, ça m’arrive aussi de manger une pizza, de manger un burger, comme tout le monde. Les diététiciens aussi, les médecins aussi, faut pas rêver. Mais il faut juste que ce ne soit pas une habitude quotidienne, mais tout en se faisant plaisir de temps en temps. Ça c’est un point très important. Parce que parfois les gens partent du principe que maigrir, c’est automatiquement se priver et ce n’est pas forcément le cas. Il faut juste se réadapter selon les besoins du corps. Au début ça peut être une notion un peu difficile, mais avec le temps on commence à connaître son corps. J’imagine que pour vous au début c’était peut-être compliqué.

Cindy : Oui. Mais j’ai écouté mon corps. Quand je me suis mise à faire du sport, si je me sentais fatiguée je n’en faisais pas. Parce que c’est un coup à se blesser après. Si je vois que je n’ai pas très faim, je mange un petit peu, si j’ai très faim, je mange plus. Il faut écouter son corps.

Sandra : Du coup, j’ai une autre question par rapport à votre entourage. Vous avez eu ce déclic, vous vous êtes décidée. Est-ce que vous en avez parlé tout de suite à votre entourage ou plus tard ?

Cindy : J’ai dit à mon entourage que je faisais du sport, que ça se passait bien, et que je commençais à perdre du poids. Ma famille est loin de moi donc ce n’était pas évident. Je ne suis pas suivie par un diététicien. Il y a juste mon médecin traitant, quand il m’a revue, il m’a dit : qu’est-ce que vous avez fait, vous avez perdu énormément de poids ! Il m’a même encouragée à continuer. Et mon entourage ici, en Ile de France, ce sont des amis. Ils savaient que je faisais du sport, que j’avais perdu du poids. Et c’est eux-mêmes qui s’en sont rendu compte parce que moi je ne m’en rendais même pas compte. On ne se voit pas perdre du poids, c’est les gens qui vont vous le dire, qui vont voir que vous avez quelque chose de changé. Même mes clients à la station service, ils me disent : c’est incroyable, vous avez perdu du visage, mais vous avez fait quoi ? Ils me disent chapeau ! Et moi je ne le remarquais pas. Je faisais une taille 48, je me voyais toujours avec ma taille 48, alors que j’avais perdu 3 tailles au bout d’un an et demi. Mais à force d’entendre les gens vous dire : vous avez vraiment perdu, vous avez vraiment coulé, ou même mes amis me dire : Cindy, tu es bien comme ça… ça nous fait réagir et ça nous motive encore plus. Après je ne sais pas si dans mon entourage il y a des jalouses, mais je m’en fiche complètement. Si je fais les choses, c’est pour moi. Si on perd du poids, il faut le faire pour soi, pas pour les autres. Mais voilà, voir le regard des gens changer, c’est incroyable.

Sandra : Finalement, c’est un peu avec votre entourage que vous vous êtes rendus compte que vous étiez en train de maigrir et pas forcément avec vous-même. Justement, ça me fait penser à un aspect important : ça arrive souvent que des gens perdent du poids de façon conséquente, mais qu’ils n’acceptent toujours pas leur corps. Est-ce que ça a été votre cas ?

Cindy : Maintenant je l’accepte, mais j’ai mis beaucoup de temps à l’accepter. Ça a été très dur. Quand j’ai perdu dix kilos, je prenais toujours des tailles 48 alors que je faisais du 44. J’étais dans des habits large, j’avais du mal à me dire : non, j’ai perdu. Et c’est vrai qu’on commence à perdre son identité d’une certaine manière, on commence à douter aussi, on se dit : qu’est-ce qui se passe ? Moi je me sentais mal, je me disais que je n’arriverais jamais à perdre du poids… Je me voyais encore avec mes 99 kilos alors que j’avais perdu. Quand j’ai vu la balance, je me suis dit : ah oui, quand même. Mais comment je n’arrive pas à m’accepter encore ? Et c’est petit à petit… parce que j’avais quand même la peau qui pendait alors que je perdais normalement… mais juste au niveau des bras maintenant. Mais maintenant que je vois mon ventre se raffermir, ma peau se raffermir, je commence à aller beaucoup mieux. A force de travailler, ça porte ses fruits. Mais voilà, j’ai mis du temps.

Sandra : Et quelles ont été les petites choses de votre quotidien qui vous ont permis de mieux accepter votre corps ? Donc il y a eu la peau qui s’est raffermie… mais des choses de votre quotidien qui vous ont aidée à apprendre à vous aimer finalement ?

Cindy : Moi c’est la prof de zumba qui m’a fait prendre conscience que je devais m’accepter. Elle m’a dit : t’es belle ! regarde les photos, regarde-toi ! Et c’est vrai que quand je regarde les photos avant et après, parce que je me prends beaucoup en photo, j’avoue, j’adore ça, et bien rien que les photos… je me dis : ah oui. Quand je fais des collages avec des photos d’avant et après, waouh, je me trouve jolie, j’ai un regard plus doux sur moi. Avant j’étais très dure avec moi-même, j’étais limite à me dire : je ne m’aime pas. Maintenant, j’arrive facilement à me regarder, avec le sourire.

Sandra : Je crois que j’en ai parlé dans l’E-Book. Je disais aux gens : prenez une photo de vous, et demandez-vous à l’époque comment vous vous sentiez. Et on réalise souvent qu’on n’était pas bien à l’époque… La photo c’est parfois une bonne technique pour travailler sur soi-même.

Cindy : Tout à fait, vous prenez une photo du départ, une photo quelques mois après, une photo un an après, et c’est là qu’on voit le progrès que ça a fait, et là c’est une fierté, c’est un combat que j’ai gagné, c’est une victoire. Parce que c’est un combat la perte de poids. Ce n’est pas facile.

Sandra : Du coup, on va passer à LA grande question. On parle à peu près depuis une demi-heure, les gens doivent se demander combien de kilos vous avez perdu, et en combien de temps.

Cindy : J’ai perdu 25 kilos en un an et demi. J’ai perdu à peu près 1,4 kilo par mois. Je perdais tout doucement, mais jamais je n’ai fait de yoyo. Après j’ai eu une petite période de stabilisation. Là, je suis en pleine période de stabilisation.

Sandra : Ce qui est une bonne chose. Ça veut dire que vous arrivez à votre poids d’équilibre, ça fait un an…

Cindy : Après c’est sûr que je n’ai pas fini encore mon objectif. Mais je n’ai pas repris, c’est stable, c’est déjà une victoire.

Sandra : C’est vrai, bravo. C’est vraiment impressionnant. Et c’est intéressant pour les lecteurs, qu’ils voient que c’était « que » 4 kilos par mois [NOTE : ici je me suis trompée, je voulais dire 1.4kg]. Alors les gens disent : je n’ai perdu que 4 kilos, que 3 kilos, mais au bout d’un an et demi ça fait quand même les 25 kilos. Donc c’est un processus lent, mais c’est un processus où non seulement vous apprenez à perdre du poids, mais aussi une nouvelle vie et un nouvel état d’esprit.. Et ça, c’est le plus important dans tout le parcours !

Cindy : Je voyais des gens qui disaient : j’ai perdu 5 kilos en deux semaines, et je disais : fais attention. Plus tu perds rapidement, plus tu as des chances de reprendre rapidement. Et moi j’ai perdu 1,4 kilo par mois : ça ne fait pas grand-chose. Mais il n’y a pas que les kilos, il y a aussi le corps qui s’affine. C’est juste un indice les kilos. Quand le corps s’affine, c’est pas les kilos, c’est les centimètres… C’est le corps qui s’affine au niveau des cuisses, de la taille, des épaules… Au départ, je n’ai pas perdu de poids, mais j’ai commencé à m’affiner, et après la perte de poids est arrivée. Et là ça a été l’aventure. Après j’avoue que j’ai un tempérament assez dynamique donc…

Sandra : Vous ne vous êtes pas laissée faire.

Cindy : Oui, mais j’ai eu mes périodes de doute, des fois je déprimais, je n’allais plus au sport, je n’étais pas bien. Il y a eu des moments où c’était dur.

Sandra : Justement, c’est ma prochaine question. Quelle a été la chose la plus difficile à faire pour vous ?

Cindy : Le plus difficile c’était le moral, c’était psychologiquement. Quand j’ai eu une phase de stabilisation, je me suis dit : je n’arriverai plus à perdre de poids, c’est fini, j’en ai marre. J’étais pas bien. Et puis je me suis séparée de mon conjoint à ce moment-là aussi. Donc ce n’était pas évident. Je n’étais pas bien dans ma peau. Alors heureusement que j’avais les filles qui faisaient de la zumba avec moi, qui me disaient : regarde tout ce que tu as perdu, ce serait du gâchis de s’arrêter là. Alors après on se remotive. Mais il y a des hauts et des bas. Psychologiquement, ce n’est pas évident, parce que je commençais à me sentir bien dans mon corps, mais mentalement ça ne suivait pas, j’avais des coups de mou, je me cherchais, je n’arrivais pas à m’accepter. Là j’avais une petite perte de motivation.

Sandra : C’est exactement le problème des régimes où l’on perd très rapidement, c’est que le mental ne suit pas. S’il n’y a pas un vrai changement mental et psychologique, on a beau perdre du poids, mais le mental n’a pas changé donc on revient à la même base. Perdre du poids comme vous avez fait, c’est un processus long, donc c’est dur de rester motivé.

Cindy : Plus c’est long, plus c’est dur. Après, il y a plusieurs façon de perdre du poids. La chirurgie bariatrique… j’ai une amie qui avait fait un by pass alors que j’avais commencé à faire du sport. Quand elle a fait sa chirurgie, je l’ai vue perdre 10 kilos en une semaine… C’est vrai que ça aurait pu me démotiver, ou me pousser à me faire opérer, mais non, j’ai décidé de faire autrement. J’ai décidé de me battre jusqu’au bout.. Et comme quoi, on peut y arriver…

Sandra : Quelles ont été vos astuces quand vous avez eu ces coups de mou et de déprime, pour vous booster ?

Cindy : Je me fixais des petits défis. Ma prof de zumba voulait organiser une petite course de 5km. Moi je lui ai dit : tu me vois courir 5km ? C’est même pas la peine d’y penser. Si tu veux une tortue c’est moi. Je ne vais pas m’inscrire… Et puis je me suis dit : il faut que je le fasse. Je l’ai fait, la prof a couru avec moi jusqu’au bout, elle me parlait de sa vie. Je n’en pouvais plus, mais je l’ai fait. Courir 5 km alors que j’avais beaucoup de poids, c’était une revanche. Donc, se fixer des objectifs, des petits défis. Comme des choses qu’on n’a jamais faites et qu’on n’oserait même pas faire.

Sandra : Sortir de sa zone de confort aide à se maintenir motivé.

Cindy : Et c’est du dépassement de soi. A la fin, on est content. Même si j’ai fini bonne dernière, je m’en fous, je n’ai pas abandonné. J’ai toujours un petit dicton : « Les batailles de la vie ne sont pas gagnées par les plus forts ni par les plus rapides, mais par ceux qui n’abandonnent jamais ». Il ne faut jamais abandonner, c’est la clé. Rester toujours dans le positif. Dès qu’on a une attitude positive, c’est bon.

Sandra : En tout cas, j’espère que les lecteurs pourront ressentir ce que je ressens, parce que c’est super inspirant et motivant…

Cindy : Tout dans la tête. Quand on a envie de vouloir s’en sortir, le positif d’ouvrir sa porte, de voir la vie des autres, et de partager aussi son histoire, ça fait déjà du bien. C’est le chemin d’une guérison. Et ça n’a pas de prix. Et on peut se dire : j’ai une bataille, c’est ma perte de poids. Mais c’est moi qui vais gagner, parce que je suis plus fort que ça. Voilà, je fais du sport, parfois j’y vais toute seule, parfois je n’ai pas la motivation, mais si je regarde tout ce que j’ai parcouru, je ne peux pas abandonner maintenant, ce serait du gâchis. J’ai envie d’aller bien. J’ai perdu du poids, je me sens bien dans mon corps, je continue dans ce sens-là. Il faut avoir une attitude positive. Et s’entourer des gens. Avoir du soutien de sa famille. Bon, moi ils sont loin, ce n’est pas évident. Mais quand j’y suis allée au mois de juillet, ma mère surtout quand elle m’a vue elle était décomposée. Elle a dit : ah oui, quand même ! Non mais c’est bien, c’est bien comme ça. Elle a dit : j’ai du mal à te reconnaître. Et je lui ai dit : si tu veux on danse une petite zumba demain toutes les deux… Voilà, le soutien de ses proches. Et n’écoutez pas les avis négatifs. Faites les choses pour vous. Si les autres vous critiquent, c’est des jaloux, c’est des envieux, c’est tout. En fait, ce qu’ils veulent, c’est que vous ne réussissiez pas, et ça ne peut que les arranger. Il faut faire les choses pour vous. Vous avez envie de faire du sport, vous êtes gros, et alors ? vous avez le droit comme tout le monde… Moi aussi je suis arrivée…. je suis petite, je fais 1m55, je suis arrivée toute boulotte, et bien tant pis. J’avais envie de m’éclater, je m’éclate, tant pis si il y a des mauvais regard sur moi. On s’accepte tel qu’on est, c’est le principal. L’essentiel, c’est de se dire, j’ai transpiré, je vais bien dormir ce soir.

Sandra : Ecoutez Cindy, c’est super, j’allais vous demander des conseils mais vous les avez déjà dits : s’entourer, penser à soi. Est-ce que vous avez quelque chose à ajouter, est-ce que vous voulez dire quelque chose aux lecteurs de Habitudes Santé ?

Cindy : Dire aux gens qui veulent perdre du poids normalement qu’on peut y arriver. Après c’est l’acceptation, et après le déclic viendra. Il faut s’éclater. Faire quelque chose que vous aimez, sortir, ne restez pas dans votre bulle. Et garder une attitude positive, le mental. Après le corps va suivre.

Sandra : Je vous remercie énormément pour ce partage. Je pense qu’il est plus que motivant, il est super inspirant. Je pense que Cindy est un très bon exemple de comment perdre du poids sainement, c’est-à-dire sans régime, sans privation, mais en changeant d’état d’esprit, ce qui va aider après à changer l’alimentation et la reprise du sport. Ça fait deux ans que vous avez commencé à perdre du poids, vous l’avez stabilisé. J’ai envie de vous dire bravo. Bravo pour ce parcours. On voit que c’est une grosse conquête, une grosse victoire, et que vous en êtes très fière.

Cindy : Elle n’est pas finie encore, mais on ira jusqu’au bout… Moi ce que je souhaite, c’est continuer à perdre encore une petite dizaine de kilos. Et puis mon objectif sera fait. Et déjà là je suis contente du chemin parcouru.

Sandra : Bravo encore une fois. On sera là pour accompagner le reste du parcours.

Cindy : Je vous tiendrai au courant.

Sandra : Merci pour ce témoignage.

 

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