Activité physique adaptée, APA, c’est quoi ? Avec le Dr. Chaory de Spormed

Lors des derniers articles je vous ai parlé de l'impressionnante histoire d'Arthur Boorman qui a réussit à changer sa vie en changeant son mode de vie et son état d'esprit. 

Vous vous dites peut-être :

"C'est bien, mais je ne sais toujours pas comment faire ! Rien que de marcher je suis essoufflé..
Alors reprendre une activité physique, c'est impossible
"

Du coup, la première chose que j'aimerais vous dire c'est :

AFIN DE VOUS AIDER PENDANT LA PERIODE DE CONFINEMENT :

Les inscriptions au programme Libre de Manger sont exceptionnellement ouvertes !

Un programme d'accompagnement pour vous aider à vous libérer de l'obsession et des compulsions alimentaires !


Note : 10% des ventes seront reversés à la recherche du vaccin / traitement du Coronavirus

Ne perdez pas espoir !

Avez-vous déjà entendu parler d'Activité Physique Adaptée (souvent appelé APA)​ ? 

Non ? Alors je vous invite à regarder cette vidéo avec le Dr. Chaory, ​un médecin du sport, spécialiste en médecine physique et réadaptation. Il a créé Spormed, un centre de rééducation de traumatologie et de réadaptation à l'effort

video 13 - Activite physique adaptee, c est quoi - avec le Dr. Chaory de Spormed

Note perso :

Ce que j'adore chez Spormed c'est leur empathie envers les patients ! Leur mot d'ordre, écouter les patients sans les juger ! Leur but principal va au-delà de la perte de poids, l'objectif du Spormed est d'améliorer l'état de santé physique et mentale. Ils ont la même vision que Habitudes Santé : vous aider à vous sentir mieux ! :) Je les recommande fortement ​et croyez moi, ce n'est pas de la pub, je n'ai pas été payé pour dire cela, et le Dr. Chaory n'est pas au courant de ce petit paragraphe ;)

Si vous connaissez des structures comme Spormed
dans votre ville ou région

n'hésitez pas à laisser l'information
dans les commentaires ! ;)

Version Audio (mp3)

Si vous n'avez pas le temps de voir la vidéo vous pouvez télécharger le mp3 et l'écouter quand vous le souhaitez.

Transcription de la vidéo

Aujourd’hui j'aimerais vous parler d’activité physique. Pourquoi ? Parce que souvent, en tant que professionnel, on est confronté à des patients qui se plaignent de douleurs, par ci par là, ils ont souvent mal aux genoux, mal au dos, ils ont souvent un manque de confiance en eux pour recommencer à bouger, ils n'ont souvent pas de motivation, zéro plaisir pour faire une activité physique ou un sport. Du coup, j’ai décidé d’aller au centre Spormed à Rennes, un centre de rééducation, de traumatologie et de réadaptation à l’effort pour mieux comprendre à quoi ça sert et comment on peut faire de l’activité physique quand on a tous ces problèmes, ces pathologies et ces maladies.

Du coup j’ai interrogé le docteur Chaory, le fondateur de cette structure, qui vous répondra à quelques questions comme « à quoi ça sert l’APA ? ». Qu’est-ce que c’est ? APA, Activité Physique Adaptée, à qui elle se dirige, est-ce que c’est remboursé ou pas, comment ça se passe, donc je vous laisse l’écouter, juste après le générique, à tout de suite !

[générique]

Juste avant de commencer, et surtout si vous êtes nouveau sur Habitudes Santé, je voulais juste vous informer que vous pouvez télécharger gratuitement le guide « Je veux maigrir ». Donc c’est un guide où je ne parle pas de manger-bouger puisque que sur ce sujet-là il y a énormément d’informations disponibles sur internet et pas que, mais plutôt du côté psychologique et mental donc là ou il y a beaucoup moins d’informations, donc perdre du poids ce n’est pas que manger-bouger, il y a aussi beaucoup l’aspect psychologique... (...)

Sandra : Alors bonjour Docteur Chaory, merci d’avoir accepté de faire cette interview, on parle beaucoup de sport adapté ou d’activité physique adaptée et j’aimerais que vous nous en dites plus sur ce que c’est et à quoi ça sert.

Dr. Chaory : D’accord, alors effectivement l’activité physique adaptée c’est quelque chose qui est de plus en plus en voie de développement, récemment, les partis politiques ont voté une nouvelle loi incitant les médecins à prescrire l’activité physique, alors il n’y avait pas forcément le mot « adaptée » mais prescrire l’activité physique.

L’activité physique adaptée c’est une activité physique dédiée à certaines pathologies, dans le mot « adapté » y a s’adapter à la pathologie, s’adapter aux comorbidités, s’adapter aux contraintes que le patient peut avoir et donc ça veut dire que c’est une prise en charger individualisée. Alors les pathologies qui peuvent pouvoir bénéficier de l’activité physique adaptée sont presque limitées si on tape dans la littérature « physical activity » toutes les pathologies ont l’impression de bénéficier de l’activité physique adaptée, on ne parle pas de sport, on parle vraiment de l’activité physique adaptée.

Sandra : Ça c’est un point important parce que je pense que, souvent, on ne distingue pas sport et activité physique de façon générale, si on peut faire juste une petite parenthèse…

Dr. Chaory : En gros, les patients c’est ce qui leur fait peur, le sport ça leur fait peur, on est obligé de leur expliquer que c’est de l’activité physique adaptée. Dans le mot « sport » il y a tout de suite une notion de compétition, qui implique une notion de dépassement de soi, ça ne veut pas dire que dans l’activité physique on se dépasse pas mais le dépassement de soi qui peut être douloureux, mal géré, mal intégré, mal vécu, l’activité physique adaptée c’est vraiment quelque chose de programmé faite pour que le patient retrouve du plaisir à faire de l’activité physique et on n’est pas du tout dans la notion de compétition.

Sandra : D’accord, merci, donc vous pouvez continuer, désolée…

Dr. Chaory : Par rapport aux pathologies les plus connues et en tout cas celles qu’on a pu protocoliser dans notre structure Spormed, le patient obèse a un intérêt à avoir une activité physique adaptée. On a protocolisé les lombalgies chroniques, ceux qui ont mal au dos de façon chronique on va dire, les patients insuffisants respiratoires, les patients qui ont eu un problème cardiaques, les patients qui ont eu une fibromyalgie, une douleur chronique, et on pourra aller plus loin, aujourd’hui on sait que les gens qui ont eu un cancer ont intérêt à une activité physique adaptée, les gens qui ont des troubles psychologiques voire psychiatriques. Alors tout n’a pas une prise en charge sécu, aujourd’hui y a certains actes qui peuvent être pris en charge par un sécu, la lombalgie chronique, le mal de dos, le diabète, l’obésité etc., Pour certaines autres, c’est dans d’autres structures qu’il faut se rapprocher.

Sandra : Alors ça peut être important, je suppose que ça peut intéresser beaucoup de personnes, donc vous venez juste de dire qu’il peut y avoir une prise en charge sécu pour le patient de l’obésité, quelles sont les démarches à faire, parce que je ne suis pas sûre que tout le monde soit au courant…

Dr. Chaory : Habituellement, il faut qu’il y ait soit une obésité qui soit dans le cadre de la réelle maladie donc on parle d’obésité dans ce cas-là morbide où le patient va être catalogué comme malade et en gros, nous, les critères d’inclusion c’est ça, c’est une obésité morbide qu’on va définir avec un IMC au-delà de 35 et un suivi nutritionnel puisque souvent la perte de poids est le soin numéro un des patients, elle implique forcément des efforts nutritionnels et pas qu’une dépense énergétique.

Sandra : Exactement. Donc du coup alors forcément je pense que la demande numéro un du patient de l’obésité qui arrive ici c’est perdre du poids, est-ce que dans l’activité physique adaptée c’est justement un objectif impératif la perte de poids ou est-ce qu’il y a d’autres bénéfices justement…. Comment ça se passe ?

Dr. Chaory : Bien sûr, bien au contraire, on est là, on peut être en opposition avec le patient qui a comme objectif principal la perte de poids et même parfois si c’est l’objectif unique on est juste capable de lui dire dans ce cas-là on ne va pas pouvoir travailler ensemble parce que c’est pas du tout ça qu’on va attendre. On attendra une perte de poids qui sera peut-être pas au terme de notre prise en charge qui dure 2 mois, les patients n'ont pas pris ce poids-là en 2 mois, donc ils ne vont pas forcément le perdre en 2 mois non plus. Puis il y a d’autres raisons en particulier, l’activité physique va entraîner une utilisation de la masse graisseuse mais va être compensée par la création d’une masse musculaire donc une masse maigre ce qui fait que les patients vont mincir et ne vont pas forcément maigrir parce que ça va se compenser. On a des patients qui perdent au terme de 2 mois d’activité 2 à 3 kilos, ils sont hyper déçus, n’empêche qu’ils ont perdu 2 tours de taille de pantalon mais ça à la limite, ils regardent la balance et ça les dérange presque plus que le fait d’avoir perdu… Je comprends que c’est important pour les patients mais pour nous en tant que médecins c’est pas forcément ce qu’il y a de plus important, on améliore beaucoup d’autres choses et ça ils sont tous unanimes pour le dire à la fin. Au début on a un peu de mal à l’entendre mais unanimes pour le dire à la fin, on doit également améliorer d’un point de vue fonctionnel les patients qui vont être beaucoup plus mobiles, qui vont être moins apnéiques, moins en sueur donc plus envie de bouger, on va les améliorer d’un point de vue psychosocial. Donc psychosocial c’est psychologique, une meilleure confiance en soi, amélioration de son image, reprise d’une certaine fierté, social, on est parfois, on est parfois avec des gens qui sont plus beaucoup de chez eux, donc le fait de venir dans une structure avec le même groupe, on reconstitue un groupe social donc ça c’est aussi valorisant pour eux, on a une amélioration sur la douleur, la majorité des patients obèses vont avoir mal aux genoux, avoir mal au dos, et à la fin ils te le disent, oui effectivement j’ai moins mal au dos, moins mal aux genoux, voire plus mal au dos, plus mal aux genoux.

On aussi une amélioration sur l’espérance santé et ça c’est différent, difficile à leur expliquer, c’est-à-dire qu’au bout de 2 mois ils se rendent pas forcément compte qu’ils ont peut être gagné en espérance de vie, ou plus qu’en espérance de vie, en espérance santé, c’est-à-dire en meilleure qualité de vie, on a des comorbidités qui disparaissent ou qui apparaîtront pas, on a des patients qui étaient sous diabète, qui diminuent leur traitement, tout ça c’est des choses qu’ils ne viennent pas chercher à la base parce qu’ils seront axés sur le poids mais qu’ils reconnaissent à la fin être vraiment utiles.

Sandra : Encore une fois on explique que le poids, les chiffres sur la balance ce n’est pas le plus important, il y a d’autres choses à prendre en compte dans l’obésité que parfois les patients oublient parce qu’ils sont fixés sur ces chiffres, que je critique très souvent dans le site…

Dr. Chaory : Exactement. Le statut pondéral n’est pas lié qu’au poids, il est quand même lié à la masse graisseuse d’un point de vue santé, le plus dangereux est la graisse intraabdominale.

Teddy Riner, je ne sais pas quel poids il fait et c’est un sportif de haut niveau qui est plutôt musculeux, qui a une masse grasse pas si importante que ça, il n’est pas du tout en danger de santé, voilà c’est des exemples comme ça qu’on peut donner. Le plus dangereux c’est la masse grasse importante.

Sandra : Oui, du coup alors souvent, c’est la fameuse question : le patient qui est en obésité qui a très mal aux genoux, qui n’arrive pas à déjà marcher à la base, est-ce qu’il peut trouver une solution dans le sport adapté.

Dr. Chaory : Il peut la trouver et c’est pas si simple que ça à trouver, nous au sein de notre structure on a vraiment une structure dédiée à ça et quand on dit dédiée à ça, ça veut dire qu’on a du personnel compétent pour encadrer ces gens-là on a aussi du matériel adapté pour encadrer ces personnes-là, adapté en terme de qualité de robustesse du matériel parce que c’est des gens qui malgré tout pèsent un certains poids, et puis on a différents ergomètres qui fait que t’as mal aux genoux, t’as mal au dos, on trouvera toujours un ergomètre qui va te permettre de faire du sport, on a soit des tapis pour la marche, des vélos, soit des vélos couchés si t’as mal au dos, soit même des machines à bras, ou c’est peut-être un peu moins ludiques mais tourner les bras va entraîner malgré tout une dépense énergétique.

Sandra : Donc du coup y a toujours un petit peu une solution, on essaye d’adapter..

Dr. Chaory : C’est le côté adapté de l’activité physique et puis quand on est dehors d’une salle un peu rééducative et qu’on est dans la vie de tous les jours, les rééducateurs sportifs adaptés sont capables d’inventer des choses dans les maisons de retraite par exemple, on peut faire du volley avec un ballon de baudruche, ça les fait bouger…c’est leur métier c’est un peu les Macgyver de l’activité physique, il faut qu’ils s’adaptent aux handicaps du patient.

Sandra : Une des questions qu’on m’a posée justement sur Facebook quand j’ai dit que je venais vous interviewer, c’était : en combien de temps on peut trouver du résultat ? Alors forcément j’ai demandé qu’est c’est "des résultats", parce que j’imaginais que la personne parlait de perte de poids mais on peut parler de plusieurs types de résultats, améliorer une comorbidité…donc la personne me disait c’était perdre du poids, se muscler, s'affiner, est-ce que c’est l’objectif du sport adapté ?

Dr. Chaory : La perte de poids, faut quand même qu’elle reste comme un objectif, après ça dépend si on met la met en objectif principal ou secondaire. Au bout des 2 mois de prise en charge, donc c’est 3 fois, 1h30 par semaine, ils vont tous perdre du poids. D’accord, ils vont tous perdre surtout de la masse graisseuse mais vont quand même tous perdre du poids. Mais encore une fois, la perte de poids n’est pas liée qu’à l’activité physique, il faut aussi qu’il y ait de l'autre côté se mettent en place des règles diététiques, pas forcément strictes d’ailleurs, des règles diététiques d’équilibre alimentaire, c’est surtout ça qui va nous aider et puis il faut un certain temps. L’idée c’est qu'on va les remettre à l’activité avec au départ une dépense énergétique peu élevée pour qu’ils y trouvent du plaisir et qu’il n’y ait pas de blessure qui se rajoute. Mais on sait très bien que c’est une fois qu’ils sont lancés, qu’on leur a donné les bases, qu’il faudra poursuivre dans le temps cette activité, et d’ailleurs ils sont…comment on pourrait dire devenus addict un petit peu au sport, enfin à l’activité physique et du coup c’est là que le résultat va se faire…mais en plusieurs mois, faut pas rêver, et d’ailleurs c’est comme un régime, si tu perds 15 kilos en 2 mois ou 20 kilos en 2 mois tu sais très bien que tu as des chances de les récupérer et bien on est un petit peu près dans la même démarche pour le sport.

Sandra : D’accord, alors c’est intéressant, donc du coup aujourd’hui si un patient veut chercher de l’aide dans l’activité physique adaptée, à qui il se dirige ? À un médecin, à un coach, à un kiné ?

Dr. Chaory : Alors, aujourd’hui on est au balbutiement de l’activité physique adaptée même au sein du corps médical tout le monde ne sait pas vraiment ce que c’est, donc aujourd’hui c’est un petit peu compliqué, les rennais ou gens autour ont la chance d’avoir des structures comme la nôtre qui peuvent répondre. Peut-être que ces structures-là vont se développer...

Pour l’instant l’idée est en tout cas pour venir à notre structure, c’est toujours de venir par le nutritionniste parce que c’est la base, c’est le nutritionniste qui aidera… Parce qu’on sait qu’il va y avoir des règles diététiques derrière. Certains kinés peuvent prendre en charge cette voie-là thérapeutique à condition qu’ils en ait envie, donc avec l’empathie qui va avec et qu’ils en aient le matériel.

La population professionnelle qui s’occuperait probablement le mieux de ces patients ce sont les éducateurs sportifs adaptés, ceux qui ont fait STAPS avec une formation dédiée à l’activité physique dans le cas de l'handicap qui soit de l’obésité ou de tous les autres handicaps dont on a pu parler, c’est vraiment c’est un tout en terme de profession, c’est ces personnes-là qui sont capables de mieux répondre à l’attente des patients, après il n'y a pas de remboursement, ils ont pas tous les moyens de s’acheter une salle adaptée, mais c’est ce qui devrait se développer petit à petit.

Sandra : Donc voilà comme le dit le docteur chaory, ce sont des structures qui sont en plein de développement donc les rennais ont une chance énorme que ce genre de structures existent déjà, donc vous pouvez par exemple cliquer sur Spormed pour voir un petit peu à quoi ça ressemble, ils ont un super plateau technique avec des médecins, des kinés, des ostéos, des anciens APA etc.,

Il y a vraiment tout un plateau technique qui peut vous aider à améliorer votre qualité de vie via l’activité physique. 

Si vous n’êtes pas encore convaincus que même avec vos douleurs, vos pathologies, votre poids, toutes les barrières que vous vous êtes mis pour faire de l’activité physique, je vous invite à regarder la prochaine vidéo qui va être publiée d’ici quelques jours avec Léna Rubin qui est une enseignante APA donc activité physique adaptée qui fait partie de l’équipe justement de Spormed et cette vidéo est plutôt assez motivante donc je vous invite fortement à la regarder dès qu’elle est publiée.

Si vous n’habitez pas autour de Rennes pour bénéficier justement d’un soutien avec un plateau technique comme celui-là, je vous invite justement à demander à votre médecin traitant, à un nutritionniste, à votre kiné, peut-être appeler l’ARS (Agence régionale de santé) pour vous aider justement à essayer de trouver les professionnels qui sont spécialistes dans l’activité physique adaptée parce que c’est ceux qui sont dans la meilleure position pour vous aider à vous booster et à vous redonner confiance pour reprendre une activité physique.

Pour l’instant je vous dis à bientôt pour un prochain épisode !

Si vous connaissez des structures comme Spormed
dans votre ville ou région

n'hésitez pas à laisser l'information
dans les commentaires ! ;)

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